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SOUTENEZ, NE PUNISSEZ PAS

25 juin 2016

SOUTENEZ, NE PUNISSEZ PAS

L’édition 2016 de l’UNGASS (la séance spéciale de l’Assemblée générale des Nations Unies) s’est tenue à New York du 19 au 21 avril 2016. Elle a été initiée à la demande de pays sud-américains incluant le Guatemala, la Colombie et le Mexique, zones où la guerre contre les drogues sévit particulièrement durement. Ce sommet devait se tenir en 2019, mais la date a été avancée à la demande de ces pays, tant l’urgence était grande à leurs yeux de réviser les politiques mondiales de lutte contre le trafic de stupéfiants.

La guerre contre la drogue suscite une violence accrue des trafiquants

En 1961, un accord mondial de lutte coordonnée contre les drogues a été conclu et nommé la Convention unique sur les stupéfiants. Depuis l’adoption de l’accord, un grand nombre de pays reconnaissent que cette guerre ne fait qu’engloutir des ressources financières excessives sans pour autant porter ses fruits. Au Mexique, plus de 164.000 personnes sont mortes entre 2007 et 2014, dans le sillage de la lutte des Etats contre les cartels, et dans la guerre que se font les cartels entre eux. Ces cartels de la drogue défendent leur commerce avec autant d’ardeur que celle de la guerre qui leur est faite, et dans cette zone de la planète les Etats-Unis ont beau injecter chaque année 51 milliards de dollars pour combattre le trafic de la drogue, les cartels continuent à s’enrichir, parvenant à des profits se situant actuellement entre 400 et 500 millions de dollars par an.

Criminaliser l’usager encourage la violation de ses droits, sans pour autant réduire le volume des drogues consommées…

‘‘Grâce’’ aux politiques actuelles, les prisons sont emplies d’individus condamnés pour des infractions non violentes liées aux drogues. On emprisonne les toxicomanes au lieu de leur fournir l’aide dont ils ont cruellement besoin. En prison, ils font l’objet de brimades et de mauvais traitements, leurs droits bafoués plus fortement que ceux d’autres détenus du fait de la stigmatisation sociale associée à leur statut de drogué. Un nombre grandissant de pays imposent des peines capitales pour des infractions liées aux drogues. En dépit de ces efforts, le Rapport mondial sur les drogues 2015 de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC) indique que la consommation de drogue demeure stable à l’échelle de la planète.

Aider les victimes de la drogue au lieu de les punir, c’est contribuer au bien-être sanitaire de toute la communauté

Non seulement les politiques actuelles de lutte contre la drogue manquent d’impact sur le trafic de drogue, mais elles négligent également les risques sanitaires associés à l’usage des drogues. Ces risques, pourtant, dépassent la seule sphère des consommateurs. Citons seulement les infections virales transmises par l’injection de drogues : le VIH/SIDA, l’hépatite B, l’hépatite C… qui une fois transmises au toxicomane, pourront être relayés par ce dernier à des personnes non consommatrices de drogues, et se répandre au sein de la communauté. Au contraire, une approche basée sur les droits de l’usager de drogues, en tant que personne, contribuera, outre à son bien-être personnel et à son décrochage de sa consommation, au contrôle d’épidémies.